Didier Brillant : “Le club doit profiter de l’euphorie de fin de saison pour avancer”

Fin de saison 2017-2018 oblige (même si elle se terminera concrètement après le match Auxerre-Le Havre dont le club est organisateur), l’heure est au bilan et Didier Brillant, l’entraîneur de l’équipe seniors Régional 1, revient sur la montée historique de son équipe en National 3. Pour la première fois de son histoire (et donc depuis 1905 !), le CS Brétigny football évoluera au niveau national chez les seniors… 

“Didier, t’attendais-tu à une telle saison…
Chaque saison, le but est de tirer la quintessence du groupe dont on a la charge et donc de faire la meilleure saison possible. Néanmoins, sachant que nous avions fini champions l’année d’avant dans l’ancienne DSR, bien difficile, on pouvait aussi penser que nous pouvions assez bien figurer dans cette DH remaniée (R1) puisque nous avions gardé une majeure partie d’un groupe que nous connaissions bien !

L’équipe du CS Brétigny qui avait été championne de R2 la saison dernière

Le début de saison ne présageait pourtant pas forcément un tel final…
Il est vrai que nous étions derniers avec 1 point après 4 journées mais nous avons réussi à revenir dans la première partie du classement juste après la trêve. Mais même après Melun (le 8 avril), et une défaite 0-1 au goût amer, nous avions du retard et peu de monde misait sur nous. Il nous fallait faire un sans-faute jusqu’à la fin de la saison, sachant que nous n’avions quasiment que des matches à l’extérieur (PSG, La Garenne-Colombes, Maccabi Paris UJA et surtout Saint-Brice) et que nous allions finir par 3 matches en une semaine dont 2 en 48h… du jamais vu !
 
C’est vrai que depuis Melun, vous avez enchaîné 6 victoires de suite et un dernier match nul, samedi dernier aux Lilas (2-2), une fois la montée en poche…
Après cette défaite, nous n’avions pas le choix et il fallait déjà battre Rungis, une équipe solide qui était dans la course à la montée à ce moment-là. Ce fut notre meilleur match en 2018 à mon avis, et celui qui allait être le premier de cette suite de victoires. Le tournant final fut à Saint-Brice, avec un super match où nous étions menés 1-0 à la mi-temps. Saint-Brice est une très belle équipe et était alors un prétendant à la montée. Et quand on sait qu’il n’avait jamais perdu chez lui une fois qu’il menait au score… Résultat final : on gagne 2-1 là-bas ! Deux  jours après, en battant Montreuil (4-0), et en jetant les dernières forces qui nous restaient, nous apprenions que nous étions certains de monter en National 3 avec le résultat de Cergy-Pontoise. Etonnant, car nous n’avions jamais été sur le podium de la saison ! 

Toute la joie brétignolaise au coup de sifflet du match à Saint-Brice (2-1)

Maintenant, on peut supposer que la tête est déjà tournée vers le National 3 ?
C’était une montée qui n’était pas programmée, et Brétigny doit beaucoup progresser pour être prêt à ce niveau. Espérons que l’euphorie de fin de saison permettra d’avancer ! 
Le National 3, c’est le 5e échelon du football français, et c’est une division que je pense extrêmement difficile, plus que l’ancien CFA2, car il est composé que de gros clubs de la région parisienne, dont beaucoup sont habitués aux anciens championnats de CFA ou CFA2.
 
Sur quels points le club doit progresser ? 
A tous les niveaux ! Mais, par exemple, évoluer au niveau national demande d’avoir une organisation de stade, de club, adéquate à un tel niveau. Et pour l’instant, soyons clair, on n’y est pas ! Là aussi il y a beaucoup de travail. Il va falloir qu’il y ait une prise de conscience. 
Les jeunes du club sont au niveau national depuis 26 ans, il faut maintenant y ajouter les seniors…
C’est ça, on va tâcher de cumuler tout ce qu’on vient de dire, et la nouvelle organisation que suppose la montée en N3, avec l’énorme structure jeunes, que nous avons bâti et développée depuis des années ! On pourrait avoir une vue un peu simpliste en pensant que le club est fort en jeunes, donc il devrait l’être en seniors, mais ça ne marche pas comme ça. C’est même exactement l’inverse : il est extrêmement difficile pour un club d’être performant, dans le même temps, en seniors et en jeunes. Qui plus est avec les moyens (humains, financiers, d’infrastructures et d’organisation…) qui sont pour l’instant ceux que le club possède.
 
Combien de bons voire de très bons clubs de R1, et désormais de N3, ont, ne serait-ce que des résultats en jeunes au niveau où Brétigny est… ? Qui plus est depuis si longtemps ?
 
Il n’y en a (quasiment) pas…
Des clubs ont fait le choix, que l’on peut comprendre d’ailleurs sans souci, d’avoir essentiellement mis leur énergie et leurs moyens sur leur équipe senior. D’autres clubs ont choisi de n’être “que” de très bons clubs de jeunes. Brétigny, lui, cumule les deux en possédant une structure de formation réputée et reconnue par le monde du foot pro depuis des années, que le club — amateur rappelons-le — a mis lui-même en place, et en étant désormais également au niveau… national en seniors. 
Cela nous paraissait déjà pas très raisonnable d’être dans ces conditions en seniors en R1, que dire maintenant d’être en seniors au niveau national ? 
Et comme si ce n’était pas assez compliqué comme ça, sous une légère pression des instances, le club, même si ça a un côté réellement sympa, va aussi se lancer dans le foot féminin en mettant en place une équipe féminine.
 

Entre ses performances en championnat et ses parcours en Coupe de France, le club a donc des résultats sportifs assez incroyables depuis des années, lesquels contribuent aussi à la renommée et vitalité de la ville de Brétigny. Le CSB football connaît là une nouvelle montée historique qui doit amener un nouvel élan et des aides concrètes qui doivent lui permettre de pérenniser sa structure et de continuer cette aventure exceptionnelle ! Sans cela…