Jacques Faty : “Je voulais jouer un Classique OM-PSG et la Ligue des champions” (3e partie)

Ce fut le premier joueur appelé en équipe de France alors qu’il évoluait au CS Brétigny. Mieux encore, en plus d’évoluer dans un club amateur, là où ses coéquipiers étaient déjà dans des structures professionnelles, Jacques “Doudou” Faty était sélectionné en étant surclassé d’une année ! Capitaine de l’équipe de France U17 championne du monde en 2001, vainqueur de la Coupe Gambadera en 2003, passé par Rennes, Marseille, Sochaux et Bastia (pour un total de 228 matchs de Ligue 1), le grand frère de Ricardo — également passé par le CSB — a depuis tracé son chemin, entre la Turquie, la Chine et l’Australie. Pour nous, il s’est posé plus d’une heure pour revenir sur son parcours.

Après avoir évoqué son actualité et ses liens avec le CS Brétigny, puis ses “débuts parfaits” à Rennes et les raisons de sa réussite, Jacques Faty revient, dans cette dernière partie, sur son parcours professionnel. 

« Revenons à ta carrière, après Rennes, tu rejoins Marseille…

Oui, j’y ai signé un contrat de quatre ans et je n’y suis resté qu’une saison. Pour des raisons extra-sportives, mais aussi de petites blessures. Mais j’estime que j’ai fait ce qu’il fallait faire. Marseille, c’était un rêve pour moi, ça représentait l’époque Tapie, Waddle, Papin. Pourtant la Juventus me voulait, le PSG aussi. Mais non, moi c’était Marseille et, depuis tout petit, je voulais jouer un “Classique”. Jouer la Ligue des champions aussi. Tout ça, je ne l’oubliera jamais et on ne pourra pas me l’enlever. J’ai été homme du match et dans l’équipe-type de la journée pour un “Classique”, c’est ancré à jamais.  

Depuis tout petit, Jacques Faty rêvait de jouer un “OM-PSG”

Après un an un peu compliqué, des choses extra-sportives aussi en jeu, j’ai alors privilégié Sochaux car j’ai eu Francis Gillot au téléphone et son discours m’a convaincu. Il m’a dit que j’aurai du temps du jeu. Avec du recul, il y a quand même une part de déception d’être parti si vite mais je voulais juste jouer. Je suis resté trois ans à Sochaux où ça s’est terminé en beauté, même si j’ai moins joué, avec la qualification pour l’Europe au bout.

Tu décides alors de partir en Turquie, à Sivasspor, pourquoi ce choix ? 

Déjà, la Turquie, en tant que pays, m’attirait de par son histoire. Après, j’avais un plan de carrière, je voulais rejoindre Sivasspor dans le but de me faire repérer par un des grands clubs turcs et donc signer après à Galatasaray ou Fenerbahce. Bon, ça na pas marché mais j’ai apprécié mon passage là-bas, la ville et le style de vie en général. Mais je ne suis pas resté car c’était compliqué avec l’entraîneur. 

Derrière, tu es de retour en Ligue 1, à Bastia…

J’ai fait six mois en Corse, six mois parfaits ! J’ai presque participé à toutes les rencontres et on avait une belle équipe avec Landreau, Thauvin, Modeste… On a fait les meilleurs six mois de Bastia des 10-15 dernières années. 

Alors pourquoi ne pas être resté plus longtemps ? 

Les Chinois sont arrivés (rires). A un moment, tu es aussi obligé de penser à ta vie personnelle et, il ne faut pas se mentir, quand on va jouer en Chine, c’est pour l’argent. Et je n’étais pas à plaindre à ce niveau-là. Reste que l’argent, c’est bien, mais à côté, après un an et demi, ça devenait compliqué. Ce n’était pas toujours facile en Chine, surtout que Wuhan n’est pas non plus Pékin ou Shanghai. Qui plus est pour un noir, ils ne sont pas forcément habitués… Après un an et demi, j’ai demandé à partir, ils ont accepté, je leur coûtais cher (rires). 

Toujours connecté, ou presque, même à l’autre bout du monde

Derrière, tu rebondis en… Australie ?

Oui et j’ai bien apprécié mon temps là-bas. Les matchs sont ce qu’ils sont en termes de niveau mais je pense que le football a quand même pu un peu se développer ces dernières années. En Australie, j’ai surtout apprécié le style de vie, les gens sont souriants, accueillants, et mon passage m’a permis d’améliorer mon anglais. J’ai vraiment bien aimé Sydney. 

Etais-tu attiré par les voyages avant ta carrière ? Ton but était-il finalement de faire un Tour du monde (rires) ?  

Pas du tout (rires). Je suis surtout un homme de projet. L’objectif était d’aller le plus haut possible dans ma carrière mais après, à un moment, il faut aussi se rendre à l’évidence et ça devient difficile de rejoindre un club de standing lorsque tu dépasses un certain âge. Le but est alors devenu de s’enrichir, dans tous les sens du terme. Prendre un peu d’argent bien sûr mais aussi s’enrichir humainement et culturellement. Ce que j’aime aujourd’hui, c’est que j’ai des contacts partout dans le monde. En Turquie, en Chine, en Australie, je serai toujours bien reçu car j’y connais du monde, c’est super ça non ? 

Oui, il ne te reste plus que les Amériques en fait…

C’est normalement pour bientôt aux Etats-Unis (rires). Avec Eden Hazard, Demba Ba, Moussa Sow et Yohan Cabaye, on a un projet en cours de reprise du club de San Diego (Californie). Donc en 2019 normalement… Après, l’Amérique du Sud, ça risque quand même d’être compliqué derrière (rires). »

Merci à Jacques pour sa disponibilité !

 

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