Jean-Charles Castelletto : “C’est ici que tout a commencé… des débutants aux U16” (1re partie)

Comme Donovan Léon, interrogé il y a peu, ou Paul-Georges Ntep, il évoluait au CS Brétigny football avant de rejoindre l’AJ Auxerre et d’y signer professionnel. Une nouvelle preuve, à quelques jours du match de préparation entre l’AJ Auxerre et Le Havre AC, du lien fort entre le CSB et l’AJA. Jean-Charles Castelletto a même commencé le football à Brétigny, où il a joué jusqu’en U16 (de 2002 à 2010). Evoluant actuellement au Stade brestois (Ligue 2), où il vient de faire une bonne saison, il se remémore ses années brétignolaises avant d’évoquer sa carrière pro…

« Jean-Charles, peut-on déjà revenir sur ta saison au Stade Brestois ? 

Sur le plan collectif, l’objectif était de viser les cinq premières places, donc on y est parvenus et c’est positif (ndlr : l’entretien a été réalisé avant le barrage perdu face au Havre). Individuellement, tout s’est plutôt bien passé également. J’ai eu la chance d’être titulaire, je suis dans un club qui me fait confiance, physiquement, ça allait, donc oui, cette saison a été positive. 

Si je te dis “Brétigny”, qu’est-ce que ça t’évoque ? 

Le nom d’un bon club formateur puisque c’est mon club formateur (rires). Non, sérieusement, c’est là où j’ai débuté donc c’est forcément un club particulier pour moi, j’y ai vraiment de très bons souvenirs.   

Te souviens-tu de comment tu était arrivé au CSB ? 

Tout a commencé très vite en fait puisque je suis arrivé à Brétigny à 7 ans, dès que j’ai commencé en club. J’ai dit à mon père que je voulais faire du foot et je me souviens qu’il m’a alors donné deux choix possibles : ou je faisais du foot simplement pour être avec mes potes et je signais à Courcouronnes — où on habitait — ou bien je voulais être dans un meilleur club et je signais à Brétigny. J’ai opté pour le CSB. Déjà tout jeune, je voulais jouer à un bon niveau, tout en m’amusant. Je voulais être dans une équipe qui gagne… Mon père savait que Brétigny avait sorti beaucoup de joueurs professionnels, il avait lu ça dans le journal (sourire). 

Quels souvenirs gardes-tu de ces années ? 

De nombreux ! Déjà que Brétigny est un super club formateur, celui qui m’a fait sortir avant de faire mon petit bonhomme de chemin en pro. Mais c’est bien ici que tout a commencé. Je me souviens, j’étais avec William Djoko, Louis Ngiagnioni, Romain Franchi, Nicolas Riocros… Et même si peu sont sortis pro, on avait une super promotion ! Je crois qu’on avait gagné deux Coupes de l’Essonne, on avait aussi battu le PSG chez lui. Et la chose sympa, c’est qu’on montait de catégorie quasiment tous ensemble, notre équipe a peu bougé entre les poussins et les 15 ans. Je suis quand même resté à Brétigny des débutants jusqu’aux U16 ! 

Pensais-tu alors rapidement percer dans le football ? 

Non, surtout qu’au début, j’avais du mal, je n’étais pas parmi les meilleurs. Je me souviens que pour un test, je n’avais pas été pris par exemple, contrairement à plusieurs de mes potes. C’est aussi là que j’ai pris conscience que j’allais devoir travailler. Mais à l’époque à Brétigny, on ne pensait pas plus que ça à la suite lorsque l’on jouait. Comme ça, on ne s’imaginait pas à quel point c’est difficile de réussir à percer. On jouait simplement pour s’amuser même si on savait quand même que pas mal de recruteurs venaient voir les matchs à Brétigny. Mais on en faisait abstraction.  

Sinon je me souviens du premier test au concours de l’INF Clairefontaine à la suite duquel des recruteurs de Lille, de l’AJ Auxerre et du Paris Saint-Germain étaient intéressés. Après, j’ai passé les tours, j’ai pris confiance puis Auxerre m’a invité à jouer avec le club pour le Tournoi Sans Frontière (TSF) et j’ai signé là-bas. 

A l’AJA aussi en raison du partenariat entre les deux clubs… 

Il n’y a pas forcément eu de lien, Auxerre était simplement le premier club qui m’a donné ma chance, avec cette participation à ce tournoi de prestige. 

Comment s’est passée la transition entre Brétigny et Auxerre ? 

Bien, j’étais en équipe de France en même temps donc ça m’a aussi aidé. Puis, j’ai eu une progression linéaire à l’AJA, j’ai tranquillement gravi les échelons. 

Quand as-tu signé ton premier contrat professionnel ? 

A la veille de mon premier match pro, ils ne sont pas fous à Auxerre (rires). J’étais super content forcément et c’est dans ces moments-là que tu repenses à tout le chemin parcouru. Je me rappelle encore des matchs contre le Vesc (Ville d’Evry SC), le genre de matchs où tout le monde se connaissait. Les matchs contre le PSG aussi, Montfermeil… Au fil du temps, on se connaissait tous et parmi tous ces joueurs, c’était moi qui était en train de sortir pro alors que beaucoup, même des très bons, étaient laissés de côté. 

On sent de l’humilité lorsque tu racontes ça…

Forcément car c’était loin d’être gagné pour moi au début ! Je me rappelle, je l’évoquais tout à l’heure, qu’en deuxième année de benjamins, l’AJ Auxerre, en tant que club partenaire, avait invité beaucoup de joueurs de Brétigny. Mais je n’en faisais pas partie. Je me suis dit à ce moment-là “ah ouais, il faut vraiment que je fasse mieux, que je fasse plus”. Ça a été une sorte de déclic, ça m’a motivé. Par la suite, je suis entré dans une phase où j’ai beaucoup grandi et c’est devenu un peu plus facile pour moi, sur le terrain et en dehors. Avec de la taille, on attire plus l’œil des recruteurs…

Deuxième partie à suivre…

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